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Focus sur les Cryptes de Jouarre

Les Cryptes Mérovingiennes de Jouarre
Cryptes de Jouarre: les chapiteaux Cryptes de Jouarre: les sépultures

Passionnés d’histoire ou fins amateurs d’art, promeneurs à l’affut d’un voyage dans le temps ou pèlerins à la recherche de leurs racines, les cryptes de l’abbaye Notre-Dame de Jouarre répondent aux attentes de tous ceux qui viennent à leur rencontre.

Préservé, comme placé sous le regard bienveillant du mur conventuel, l’édifice abrite depuis près de 14 siècles les sépultures mérovingiennes de la famille fondatrice de ce monastère, lieu de vie à l’heure actuelle d’une communauté bénédictine de plus de 40 moniales.

A travers son architecture, ses remaniements, le lieu évoque les vicissitudes mais aussi les heures fastes de cette abbaye, jadis extrêmement influente et surtout aux origines du bourg de Jouarre. Les cryptes de Jouarre sont tout ce qu’il reste aujourd’hui d’un ensemble funéraire, beaucoup plus important, incendié au cours de la Guerre de Cent ans.

Parce qu’avec le temps, elles étaient devenues enterrées, elles ont été préservées miraculeusement et ont pu renaitre au XVIIème siècle.

Classé dès la première campagne de Monuments historiques sous l’égide de Prosper Mérimée, inspecteur général des Monuments historiques, l’édifice est également un témoin non négligeable des différentes optiques qui ont pu (co)exister en matière de préservation du patrimoine. Le bâtiment actuel conserve en effet les traces des diverses campagnes menées depuis 1840 pour assainir et/ou protéger ces cryptes mérovingiennes, les plus anciennes d’Europe.

Outre leur architecture de croisées d’ogives sur colonnes de marbre, les cryptes de Jouarre recèlent de nombreux trésors, tantôt « immobiliers », tantôt « mobiliers ».

I. Architecture des cryptes

A) Colonnes et chapiteaux

Si le plafond des premières heures de la crypte dédiée à l’ermite Saint Paul, vraisemblablement de type basilical1, est remplacé à l’époque romane par une couverture voûtée reprise ensuite au XVIIème, les supports n’en ont pas changé : six colonnes polychromes de marbre antique de remploi – datées du IVème au VIème siècles – surmontées de magnifiques chapiteaux de marbre blanc des Pyrénées, sculptés pour le sanctuaire de la basilique funéraire. Ces chapiteaux, à l’état de conservation exceptionnel, sont de type composite et, si surprenant que cela puisse sembler dans un premier temps, orientalisant. L’un d’eux compte parmi les rares exemples connus (passés ou actuels) de chapiteau ajouré, véritable œuvre d’art de l’apogée mérovingienne.

B) Mur réticulé

L’extrémité occidentale de la crypte Saint Paul a révélé à la fin du XIXème siècle un mur de pierre curieusement agencé : une succession de pierres boutisse taillées, de la forme géométrique la plus simple à la forme la plus élaborée, du sol au plafond. On retrouve dans ce mur la présence du mortier au tuileau (ou mortier romain) qui recouvrait le sol primitif, témoin des préoccupations liées à l’humidité dès les premières heures des cryptes.

C) Crypte Saint Ebrégésile

La crypte dédiée à l’ermite Saint Paul était au départ un édifice distinct de ce qu’on appelle aujourd’hui la crypte Saint Ebrégésile. En effet, cette seconde crypte ne l’est devenue que lors de la campagne d’alignement des deux édifices du XVIIème siècle.

Des quatre enfeus initiaux aux quatre coins de la salle Saint Paul, il n’en reste que trois, le dernier ayant fait place au passage vers une chapelle carolingienne autrefois placée sous le vocable de Saint Martin. Cet enfeu abritait, comme chacun des trois autres, une sépulture ; ici celle de l’évêque de Meaux Saint Ebrégésile. Lors du percement du mur, la cuve de l’évêque fut déplacée dans la chapelle attenante qui prit alors le nom de crypte Saint Ebrégésile. Cette crypte, outre son autel et sa sépulture refaite au XIXème siècle, recèle de curiosités et d’interrogations concernant le registre architectural, notamment en ce qui relève de l’impact des années qui s’écoulent.

1 Au sens paléochrétien du terme, c’est-à-dire plan/horizontal

II. Sépultures

Si les corps ont été levés et placés en châsse* au XVIIème siècle, les sépultures des trois premières abbesses – sarcophage surmonté d’un cénotaphe ouvragé – en place dans la crypte dite « Saint Paul » témoignent d’un savoir-faire artistique mérovingien avancé, de même que la sépulture de Saint Agilbert, évêque de Paris à qui l’on attribue la commande de l’ensemble funéraire à l’aube de la seconde moitié du VIIème siècle.

Ici encore, des détails orientalisants mettent la puce à l’oreille et confirment que les échanges d’idées et/ou d’hommes étaient loin d’être marginaux. La tête de la sépulture de cet évêque abrite la seule représentation connue à ce jour du Christ Tétramorphe dans la Gaule mérovingienne, représentation en effet qui peut paraître surprenante par sa distance artistique à nos tympans romans.

La sépulture de Sainte Telchilde est un hommage à la piété et la sagesse de cette première abbesse du monastère de Jouarre doublé d’une allusion sans équivoque aux évangiles tandis que les symboles géométriques de la sépulture de Sainte Aguilberte, deuxième abbesse, ne sont pas sans rappeler les croix celtes ou même coptes, mêlant symboles « locaux » et symboles plus orientaux.

La sépulture de la princesse Osanne offre au visiteur un magnifique exemple de la statuaire gothique : surmontée d’un gisant en pierre de liais qui évoque la basilique Saint Denis de Paris, elle témoigne de l’histoire de la communauté et de l’abbaye.

*Les châsses sont actuellement visibles dans le choeur de l’église paroissiale ou bien au cours de la Procession annuelle de la Pentecôte lors de laquelle elles sont menées dans les rues de Jouarre. CM2010

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